Mercredi 18 avril 2012
3
18
/04
/Avr
/2012
10:08
Ca ne me plait pas beaucoup
ces êtres enfermés
comme des bêtes -
ces infirmières rieuses
dans les petits couloirs
sans âmes -
ça ne me plait pas beaucoup
les cachets pour appesantir le mal
l'obstruer et le malmener
ces petits couloirs éclairés de néons froids -
et les rires des brancardiers ivres
d'avoir sauvé un gus de plus
encore une belle victoire pour la médecine -
on me taxe une clope dans le corridor
et une autre dans le parc silencieux
de bruits blancs masqués par les allées et venues -
prêt à me prendre pour ce que je ne suis pas
mais la folie de ce monde ne fait pas un bon poème.
Par BUK
0
Lundi 16 avril 2012
1
16
/04
/Avr
/2012
11:29
Je pars en balade
chaque nuit de chaque jour
emportant ma carcasse
le long des rues bleues poisseuses
je vire à chaque pas
d'un pâté de maisons à l'agonie
comme un cris étranglé
entres les rafales
je me sens voudroyé
de vouloir tout voir
tout sentir
tout humer
à me perdre dans la ville
chaque nuit de chaque jour.
Par BUK
0
Jeudi 12 avril 2012
4
12
/04
/Avr
/2012
00:00
Envahi le paysage bleu
d'une route de vacances
filtrée de radars masqués
c'est Zorro derrière son poteau
c'est Géronimo lancé à vive allure
le sang qui boue dans ses tempes -
entre les prairies éperdues
le pare-brise est immense
il fait défiler dix tableaux par seconde
l'oeil a du mal à s'en accommoder -
Gauguin à travers son chagrin
Rembrandt part en coquille
Matisse la toile veloutée
l'oeil se régale mais ne peut rien garder
de ces clichés ricochets à deux cent à l'heure
en forçant un peu les barrages
en pénétrant la nuit pénible
pour un autre destin.
Par BUK
0
Mardi 10 avril 2012
2
10
/04
/Avr
/2012
10:02
On se souviendra
la Camargue
comme dix ans
ont passés
comme des saignées
des cris et des fêlures
inassouvies -
on se souviendra
la Camargue
de l'odeur du paysage
rendu à l'état sauvage
de Havane et de mes bières
au bar de l'hôtel Marquez -
on se souviendra d'Aigues-Morte
et ce feu follet sur les remparts
nos silences avant le départ
quand le soir tombe
les hommes rient fort.
Par BUK
0
Vendredi 6 avril 2012
5
06
/04
/Avr
/2012
00:00
Je descends les escaliers
dans un souffle coupé
une oraison folle
dans ma tête - résonne
comme un glas tonitruant
je descends les escaliers
d'un souffle saccadé
de tant de fumées recrachées
pour la pluie
je descends les escaliers
le souffle vaincu
dans ma cage thoracique
pour un rêve blond - en bas
couloirs de bruine
des yeux un peu trop bleu
pour les pleurer
en arrivant au rez-de-chaussée.
Par BUK
2