Le train.

Publié le par BUK

Eméchée l'ignorance - virevoltante sur la piste de danse - je laisse la femme de ma vie - au milieu de la guinguette en folie - sur le départ - joyeux visages du hall de gare - je suis en partance - des trous dans les poches comme des absences - la vitre éphémère du train me berce - le type en face de moi lit du saint John Perce - les sept nains ont niqués blanche neige dans le parc de l'hôpital - la fille qui est assise en face de moi me paraît bien pâle - éméché au bar de l'Europe - face au beffroi - j'en ai froid dans le dos - dans ce train de retour - à seize heures à Rungis - face au marteau brise-vitre - window breaking hammer - Orly ville au ralenti - les Saules - le gosse de la cité d'à côté met un panier au passage du TGV - j'y vois comme un signe de réussite - dans ce chari-vari de wagons sans suite - est-ce que Pâques survivra au roulis du train ? est-ce que Pâques survivra au chagrin des larmes et à la douleur qui vient d'ailleurs ? est-ce que Pâques survivra au temps des aux revoirs du hall de gare ? est-ce que Pâques et les ténèbres ne font qu'un ? dans ce train - au dessus du ciel gris où gronde l'orage - mais les grands parents absents sont toujours dans nos coeurs - le silence de Pâques entoure l'air évanescent d'un printemps qui tarde à poindre - au loin dans la colline - je sais qu'on n'y arrivera jamais - on ne peut pas s'arrêter.

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