Cramer.

Publié le par BUK

ça fait mal quand l'estomac se gondole et rétréci - je le sens tout de suite - ouais je guette l'instant où ça pousse à l'intérieur - ce petit frère de mort - juste un léger vertige - un tremblement bancal qui me pousse en avant - ou alors sur le côté - presque je manque de louper la marche - presque un sursaut me fait tressaillir - je me dis  - voilà, j' y suis - les forces sont à bout - là c'est la limite - et je dois m'y tenir - remonter le parapet sans trop m'épuiser d'un coup - la fatigue doit dérouler son chemin comme un ruban de velours - sans trop de nids de poules sur une route bien lisse comme je les aime - je déroule tout ça chaque jour avec des petits voyants qui s'allument partout - ce petit bout de monde - tous ces médecins que je congédie - je remets à la veille le travail à faire sur ma machine - je dois encore durer vingt quatre heures - un peu plus de quatre heures de sommeil - de transbahutage d'idées saugrenues - d'où l'attente lépreuse en pleine chaleur à travers le miroir - ne rien dire mais tout se dire et me déclamer dans mon petit carnet de deuil - j' y crois - quelques petits bouts de scotch ici ou là - le pouls - la tension - la palpitation - jouer de ça - tenir ce journal - préparer les allumettes et déjà sentir la braise puis la cendre - cramer - mais pas tout de suite.

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